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De l’arrière au front : exposition

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De l’arrière au front

Soutien matériel et moral aux combattants

L’arrière et le front durant la Première Guerre mondiale apparaissent souvent en complet décalage. On oppose même parfois des civils insouciants, à la limite de l’indécence, aux combattants, soumis à des privations et des souffrances indicibles. Pourtant, les documents qui nous sont parvenus de cette époque témoignent à quel point la société civile s’organise pour venir en aide matériellement et psychologiquement aux soldats, combien « on pense à eux ».

 Ainsi la collection d’ephemera – affichettes, cartons d’invitation, prospectus publicitaires et autres publications de la vie quotidienne – conservée à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris rend-elle compte de la mobilisation de l’arrière au service du bien-être des poilus.

 Un nombre considérable d’œuvres de bienfaisance sont en effet créées durant le conflit. Elles se spécialisent parfois dans des domaines bien précis, comme l’envoi de serviettes de toilettes aux soldats. Certains organismes se soucient de leur bien-être moral, notamment en leur envoyant des livres ou en organisant des spectacles, en particulier le fameux Théâtre aux armées. Les œuvres déploient une grande énergie à collecter les fonds nécessaires à la poursuite de leur objet : la période est ponctuée de journées, comme les Journées du Poilu, où se mêlent patriotisme et bienfaisance, au cours desquelles se vendent insignes, cartes postales et timbres. Dans ces temps de restriction, on en appelle aussi aux dons matériels et aux efforts individuels, qui, en donnant un peu de son tabac, qui, en apprenant à tricoter des chandails pour les soldats. L’enjeu principal est en effet de faire parvenir des colis sur le front.

 Les industriels et les commerçants ont d’ailleurs bien compris l’intérêt de ce marché. Les premiers mettent au point des produits spécifiquement destinés à la vie dans les tranchées – aliments en tube et longue conservation, pastilles pour désinfecter l’eau, réchauds, produits pharmaceutiques, vêtements, gilets pare-balles… – et en vantent les mérites de manière parfois douteuse. Les grandes épiceries vendent des colis déjà préparés, qui donnent une idée du repas idéal du poilu, et proposent parfois un service d’expédition.

 Les conditions qui régissent les envois de paquets vers le front et la correspondance entre l’arrière et les combattants sont drastiques : il importe de ne pas donner à l’ennemi qui espionne la moindre information stratégique. Les consignes sont donc claires et le matériel de correspondance, très standardisé. Néanmoins, l’envoi régulier de nouvelles de l’arrière est un aspect primordial du soutien apporté aux combattants. Certains sont plus isolés que d’autres, coupés de leur famille, restée en pays occupé ou déplacée. C’est en particulier pour eux que se dévouent les marraines de guerre, précieux soutiens psychologiques de ces années de guerre, à l’origine d’un imaginaire romanesque.


Cette sélection de documents originaux de la Bibliothèque historique est présentée en écho à l’exposition Paris 14-18, la guerre au quotidien. Photographies de Charles Lansiaux, à la Galerie des bibliothèques de la Ville de Paris, 22, rue Malher Paris 4e, du 15 janvier au 15 juin 2014.


Du mardi 14 janvier au samedi 1er février 2014

Tous les mardis, jeudis, vendredis de 12h30 à 19h30

Tous les mercredis, samedis de 10h00 à 17h30

 

 

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